Dans la Roya, un Emmaüs agricole pour les déracinés

/ LIBERATION / Par Mathilde Frénois, envoyée spéciale à Breil-sur-Roya /  5 septembre 2019 /

Symbole de l’aide aux migrants, Cédric Herrou a fondé chez lui, à la frontière italo-française, la première communauté 100 % paysanne. Objectif : redonner un sens au quotidien des demandeurs d’asile.

La rosée s’est évaporée. Il n’est pas 8 heures à Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes) et les feuilles des plants de tomates sont déjà sèches. La veille il a fait chaud, l’arrosage a tourné toute la soirée. Il n’en fallait pas plus pour relancer le débat de l’été entre les sept compagnons : afin de voir mûrir les légumes rapidement, faut-il forcer sur l’irrigation ? Au fond d’une rangée et loin de ces considérations, Yacoub ramasse les tomates cerises. «Je prends le vert et je tire vers le haut, détaille-t-il. Quand c’est trop jaune, je laisse.» Si ce Tchadien de 27 ans répète les consignes, c’est qu’il vit son premier jour de travail à la ferme. Il vient d’intégrer la première communauté 100 % paysanne d’Emmaüs France.

En juillet, près de la frontière franco-italienne, Cédric Herrou a créé Emmaüs Roya sur son terrain pentu de Breil. L’agriculteur, devenu symbole de l’aide aux migrants, mise sur le maraîchage, l’oléiculture et l’aviculture biologique pour laisser entrevoir un avenir aux demandeurs d’asile qui ont arrêté leur voyage dans sa vallée. Ce n’est pas la première fois que Yacoub foule cette terre. Il est déjà passé par là en avril 2017. Il avait fui le Tchad, blessé au pied après avoir été matraqué lors d’une manifestation et, au terme de neuf mois de soins au Soudan, avait transité par la Libye avant de rejoindre l’Italie par bateau. Son entrée en France s’est faite par la vallée de la Roya. Cette enclave montagneuse a vu arriver dans ses villages des milliers de migrants qui tentaient comme lui de franchir une frontière italo-française fermée depuis 2015. Des habitants leur ont alors apporté du réconfort, un hébergement, de la nourriture, des habits, une aide juridique et sociale. Le plus médiatique d’entre eux, Cédric Herrou, sera condamné en appel à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes en situation irrégulière. Une peine partiellement annulée par la Cour de cassation, appliquant pour la première fois le principe de fraternité prononcé par le Conseil constitutionnel.

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Relayé par GC.

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